Paris‑Istanbul‑Shanghai de Joël Grare

Paris Istambul Shangai

Un voyage sonore entre tradition et audace

Sorti en 2008 sous le label Alpha Classics / Les Chants de la Terre, Paris‑Istanbul‑Shanghai est un disque qui affiche clairement une ambition : unir les climats sonores d’Orient, d’Occident, d’Asie, à travers la vision d’un percussionniste et compositeur français de grand talent, Joël Grare. Ensuite, il s’agit d’un enregistrement de référence, réalisé par l’ingénieur du son Alban Sautour.

Une formation et des influences riches

Joël Grare créé ici le Paris Istambul Shanghai dont il prend la direction artistique. Cet ensemble est constitué de musiciens tels que Guo Gan et son erhu (violon chinois à deux cordes), Bruno Helstroffer (théorbe), Emek Evci (contrebasse).

D’autres musiciens participent à cette aventure en tant qu’ invités comme Karine Herrou Gonzalez (danse flamenca), Véronica Votti (violoncelle) et la soprano Claire Lefilliâtre.

Cette diversité d’instruments offre un paysage sonore mêlant erhu, théorbe, percussions de toutes sortes (cloches, tambours, gong, cymbales, poteries cajon…) mais aussi des touches de musique ancienne, de musique traditionnelle turque, chinoise. Le dialogue entre ces timbres est central : chaque morceau est comme un trait d’union entre plusieurs cultures.

Composition, arrangements, et atmosphère

Le disque se divise en deux grandes parties : la première que l’on pourrait qualifier de « Baroque fusion » très mélodique, s’inspire librement du répertoire (Kapsberger Forever) ou le revisite (La rêveuse de Marin Marais), tandis que la deuxième partie contient des compositions originales de Joël Grare.

L’atmosphère y est souvent contemplative, parfois dansante, mais toujours extatique. L’effet produit est celui d’un voyage où la lumière varie : moments d’intimité, nappes de percussions subtiles, puis crescendo vers des textures plus denses et complexes. L’utilisation de l’espace sonore est remarquable et la prise de son restitue très bien les résonances, les attaques des instruments, autant que leurs timbres véritables.

Coté audiophile

Ce qui impressionne est certainement la dynamique (entre les passages très calmes et les explosions rythmiques), le rendu des graves (dans les percussions lourdes), mais aussi la finesse des aigus. Les petits instruments (cloches, cymbales, théorbe, sanza) se détachent, la voix de Claire Lefilliâtre, est bien placée, sans saturation. L’équilibre stéréo est très bon, le placement des instruments dans l’espace est net. Un enregistrement qui possède le mérite de flatter une mauvaise chaine et de sublimer une bonne. Effectivement, la richesse des timbres et des couleurs sonores est assez inédite et offre une palette extra-ordinaire.

Un Disque pour qui ?

Cet enregistrement à sa place chez les amateurs de musique Baroque, de Jazz, de musique du monde, de percussions, de musiques anciennes, de musique traditionnelles, de musique contemporaine, chez les audiophiles qui veulent un disque de référence, qui veulent tester leur chaine et plus globalement chez tous les amateurs de musique qui fait voyager.

La qualité de production, tant au niveau de la prise de son que des arrangements est assez rare et procure une expérience immersive totale: on “voyage”, on entend les réverbérations, les textures, les respirations des instruments et de l’espace. la translation dans l’univers de Joël Grare est totale.

Sur une échelle personnelle, c’est un coup de cœur : tant artistique que technique.

Il est rare d’avoir un disque qui étend sa diversité sur autant de plages toutes aussi passionnantes et singulières.

D’ailleurs, et le fait que l’on puisse écouter ce disque à de multiples reprises sans aucune lassitude montre à quel point il est intéressant musicalement.

Il s’agit bien d’un voyage et toutes les étapes où nous emmène Joël Grare sont passionnantes.

Paris Istambul Shanghai est disponible à l’écoute sur qobuz avec ce lien.

Intérêt musical: * * * * *

Qualité d’enregistrement: * * * * *

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