Une Belle Histoire

Cela se passe au début des années 1970 à Château Gontier, une bourgade de 15 000 habitants située au sud de la Mayenne ; un territoire plus peuplé de bovins que d’humains.
Là se trouve une usine de production de composants électroniques professionnels où travaillent 350 ouvrières issues pour la plupart du milieu rural environnant. Il s’agit, encore neuve à l’époque, d’une usine appartenant à un groupe industriel privé et volontairement construite en milieu rural pour y délocaliser des productions jusque-là assurées sur deux autres sites de la banlieue parisienne. Cette usine est placée sous la responsabilité de trois cadres : un directeur, un directeur de production et son directeur technique, Daniel PERRIN-DINVILLE.
Passionnés de musique, il leur vient l’idée d’organiser qu’un concert de musique de chambre dans le plus grand des quatre ateliers de l’usine : à la fin de leur journée de travail, les ouvrières intéressées resteraient à leur poste de travail alors que s’installeraient au milieu de l’allée centrale une violoncelliste, un pianiste et son demi-queue.
Ce concert n’a jamais eu lieu : après que la proposition leur en ait été faite, les représentantes du personnel rejetèrent poliment la proposition en nous expliquant que «ça n’est pas pour nous. C’est bien pour vous qui avez fait des études, mais pas pour nous ».
Peut être avaient ils manqué de psychologie ou de pédagogie, mais refusant de s’avouer vaincus, Daniel PERRIN-DINVILLE et son directeur revînrent à la charge deux ans plus tard avec un projet bien différent proposé cette fois dans le cadre du Photo-Ciné-Magnéto-Club de l’usine dont étaient membres une douzaine d’ouvrières.


Dans cette belle aventure, il est un jour très particulier qu’il convient aussi de rappeler : celui où, sur la voie de chemin de fer desservant la zone industrielle, s’immobilisa doucement le wagon qui transportait la quarantaine de paires d’enceintes en provenance d’Audax !

Bref, voilà comment une quarantaine des 350 ouvrières se dotèrent et dotèrent leur famille d’un moyen leur permettant d’écouter de la musique dans de bonnes, peut-être même de très bonnes conditions. Voilà comment certaines d’entre elles, on l’a su parce qu’elles nous l’ont dit, ont appris à écouter de la musique qui avait été composée aussi pour elles et pas seulement pour des … soi-disant initiés.
Merci à Daniel PERRIN-DINVILLE de m’avoir conté cette belle histoire.

MD

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